Le 21 octobre 2026, le Dr Amina El Kadhi, biologiste médicale dans le secteur privé et secrétaire générale du STBP, était l’invitée de l’émission Forum Santé d’Express FM, en direct. Au cœur de l’échange : la crise des paiements entre les laboratoires d’analyses médicales et la CNAM, et la question que se posent aujourd’hui tous les biologistes du secteur privé : quand cette situation sera-t-elle enfin réglée ?
Une situation à peine améliorée
Après la décision de suspendre le conventionnement avec la CNAM, les laboratoires l’ont repris sur la base d’un engagement de régularisation. Depuis, la situation ne s’est que légèrement améliorée, selon le Dr Amina El Kadhi.
Le STBP a pourtant multiplié les démarches : assemblée générale, réunions et séances de travail avec le ministre des Affaires sociales et les responsables de la CNAM. Il avait été convenu que la caisse régularise les sommes dues afin de revenir aux délais de paiement prévus par la convention, avec un premier calendrier jusqu’à la fin août et le début septembre. Les virements reçus depuis restent très en deçà des attentes.
Les chiffres cités
- Des retards de paiement de huit à neuf mois.
- Le dernier virement a été reçu en septembre ; les règlements ne couvrent que les prestations allant jusqu’à février 2026.
- Les sommes dues aux laboratoires sont estimées à environ 70 millions de dinars.
Des laboratoires fragilisés
Les laboratoires de biologie médicale privés sont, pour la plupart, de petites structures. Les conséquences de ces retards sont lourdes :
- les laboratoires continuent de payer leurs fournisseurs de réactifs, en grande partie importés, ainsi que leurs charges sociales ;
- ils règlent leurs impôts, notamment les acomptes provisionnels de juin et de septembre, sur des sommes qu’ils n’ont pas encore encaissées ;
- certains doivent recourir à des crédits bancaires à court terme, à des taux élevés, pour tenir ;
- dans certaines régions, des laboratoires sont menacés de faillite.
Ce que demande le STBP
Le syndicat demande à la CNAM un nouveau calendrier de règlement et une véritable visibilité sur les paiements à venir. Un prochain virement a été annoncé et la concertation se poursuit avec la caisse.
Au-delà de la biologie, tous les prestataires de soins conventionnés rencontrent les mêmes difficultés. Pour le Dr Amina El Kadhi, une solution urgente et durable s’impose : revoir le fonctionnement du système et identifier l’origine de ces retards répétés, car c’est au final l’assuré, notamment le patient atteint d’une maladie chronique, qui en paie le prix.
Les adhérents trouveront le point détaillé de la situation dans la note d’information du Bureau exécutif du 9 octobre 2026, accessible depuis leur espace adhérent.